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Armé d’une boîte à lumière. Parcours des espaces pleins, des espaces libres. Découverte de l’ailleurs.
Prendre la non-mesure de la vie.
Frères, sœurs. Des familles d’une journée, des familles du voyage.
Gîte d’égarés. C’est un hôtel de pèlerins à la recherche de la simplicité. C’est tout. C’est TOUT.
Là-bas le travail se fait avec une bouche en sourire. Loin des asphaltes, des contraintes.
État du don permanent là-bas. Donner de soi. Donner à l’autre, des instants partagés dans le simple, le concret, le terrestre.
Paroles de bêtes heureuses là-bas. Aussi calmes et sereines que leurs maîtres.
Des hommes et des femmes aux mains d’or. Des mains-sources, des mains créatrices de ce qui fait vivre. Des mains tendres qui plongent dans les boues et les échardes. Des mains si ridées que l’on dirait des cartes. Des géographies qui témoignent d’une histoire de vie, de don.
Il n’y a pas de silence, mais il y a le calme. La sérénité dans l’écoute. Le baiser du vent qui emporte avec lui toutes les symphonies possibles, celles que l’on oublie dans les villes, les trous noirs, les vacarmes.
Placer son regard. Chercher le beau. Chercher le simple. Trouver en l’autre la part manquante en nous. S’abreuver de lui comme on boit aux fontaines, d’une soif totale, ouverte et sans méfiance.
Le lait se boit comme de l’eau, abondant et encore tiède de sa source.
Et tout est rituel. Rituel de paix. Abondance du repas, abondance du rire, abondance du partage. Multitude des langues. Inutile de comprendre leurs mots, il y a aussi les gestes et les sourires. Langue commune : l’unité, l’être ensemble.
Des espaces, des horizons larges comme les vents. Pleine ouverture sur la lumière du matin, du midi, du soir. Émerveillement sur les paysages, sur les ciels, sur les yeux.
Ça ne dure que deux jours. Deux jours pleins séparés d’une nuit à écouter les façades, les plafonds et les sols de cette maison. La maison-mère qui respire toute sa bonté. Tous les cœurs battent sur le rythme de l’apaisement. On s’endort ici comme on s’endort sous le ciel : sans repères mais avec toute l’immensité du monde.
Réveil à l’aurore, avec la lumière aveuglante de l’astre. Avec l’horizon des champs et l’horizon du présent.
On repart plein de ces instants courts empreints d’éternité. Les autres, on les emporte avec nous sous le cœur. On les emporte comme un paquet chargé de légèreté, dans un recoin de l’âme, dans un bout de mémoire. Quand on redécouvrira ces images, c’est tout cela qui reviendra. On ne peut pas capturer cela. On ne peut en garder qu’une trace ténue, mais éternelle et peut-être plus belle, parce qu’elle est le signe de ce qui a été.

« Paix à celui qui travaille de ses mains » -2015-